• Seconde interview de groupe ici sur Horror Vision avec le très bon groupe de Black Metal Français Ende ! Je tiens à préciser que l'interview a été réalisée en septembre 2016 dans le but d'un fanzine papier qui n'a malheureusement pas pu être réalisé. Sur ce bonne lecture !

    Interview de Ende

     

    Interview de Ende

    1- Hailz à I.Luciferia et Thomas Njodr, un grand merci d'avoir accepté cette interview ! Pour commencer pouvez-vous présenter Ende ?

    I.L : Merci à toi pour ces lignes. Les débuts de ENDE remontent en 2004 avec la composition de quelques titres. Il n’y avait pas de projet à les voir sortir, ils ont été composés par pulsion, par envie uniquement, d’où les 8 années qui ont séparé ces enregistrements de leurs sorties.En 2008, dans une démarche similaire, j’ai enregistré les 5 titres qui sont devenus 7 ans plus tard, la première réelle production de Ende « The god’s rejects ».

    Le patronyme « Ende » est venu de lui-même en 2010 ou 2011, je ne me souviens plus exactement mais c’était au moment où le premier album a été enregistré. Avant 2012, la question de savoir si tous ces enregistrements devaient un jour ou non être distribué n’existait pas, ils étaient un exutoire personnel, c’est pour cette raison qu’ils sont étalés dans le temps.

    T.Njodr : J'ai rejoint ENDE en 2011, I.L m'a contacté par l'intermédiaire d’un ami commun, nous nous sommes rencontré et avons échangé sur la musique et sur ENDE plus particulièrement, de notre vision du projet. C'est à partir de cet période que ENDE est officiellement devenu un duo et que le projet c’est concrétisé.

    2- Ende est un mot allemand signifiant "fin", pourquoi avoir choisi ce terme comme nom à votre groupe ?

    I.L : La fin d’un cycle, la fin de la construction, d’une vision, d’un monde, d’une évolution. La fin est synonyme de renouveau, il est parfois nécessaire de se détruire pour se reconstruire.

    3- Quel est le rôle de chaque membre de Ende, I.Luciferia et Thomas Njodr ?

    I.L : Je suis le compositeur et chanteur de ENDE.

    T.Njodr : I.L écrit les morceaux puis me les proposes. Suite à ça, je bosse des parties de batterie pouvant coller sur les riffs puis nous mettons en commun, voyons ensemble ce qu'il convient le mieux pour chaque titre. Le but étant toujours le même, arriver à un résultat qui nous convient tous les deux.

    4- La parution de votre premier méfait, le très bon Whispers of a dying earth, avait été retardée, pour quelle(s) raison(s) ? Quels retours avez-vous eu sur cet album ?

    I.L : Il n’avait jamais été question de le sortir, il est resté dans un tiroir pendant deux ans, ce qui n’a pas été une mauvaise chose en soit, cela a laissé le temps de prendre le recul nécessaire sur ce qui avait été fait.

    Les retours ont été bons donc pas de regrets à l’avoir rendu disponible, bien au contraire.

    5- Votre premier album, ainsi que les sorties qui ont suivies, est paru chez l'excellent label allemand Obscure Abhorrence (à mon avis un des meilleurs labels Black Metal actuellement). Comment s'est fait le partenariat avec ce label ?

    I.L : J’ai ressenti à un moment donné l’envie de sortir cet album. Je trouvais dommage de ne rien en faire car j’avais beaucoup travaillé dessus et j’étais satisfait du résultat. J’ai alors regardé de près les labels avec qui j’aurai pu envisager de travailler. Je connaissais déjà OAP, je le considérais comme un bon acteur de la scène avec un catalogue de qualité, je lui ai alors écrit. Il est même au final le seul label que j’ai contacté.

    6- The Rebirth of I, votre second album (et celui que je trouve le plus réussi pour le moment, plus complexe et réfléchi avec une ambiance plus prenante que Whispers of a dying earth à mon avis), est paru l'année dernière et vous annoncez déjà avoir achevé l'enregistrement et le mastering de votre troisième album à paraître. Y-a t-il une raison quelconque à cette productivité ?


    I.L : Quand « Whispers… » est sorti, il n’y avait l’idée de lui faire une suite. Puis un an ou deux après, j’ai voulu faire de ENDE un groupe à part entière, alors j’ai composé ce qui est devenu notre deuxième album « The rebirth of I » et nous nous sommes entourés de membres sessions pour jouer en live.

    Nous l’avons enregistré rapidement, il était prêt 8 ou 9 mois avant sa sortie. Ce laps de temps a laissé tous le loisir de composer d’autres titres, créant un décalage entre les enregistrements et les sorties d’environ un an, nous avons ainsi toujours un album d’avance.

    T.Njodr : Nous ne travaillons pas dans la précipitation, nous aimons avoir une marge de manœuvre. C'est pour cela que nous fixons les enregistrements le plus tôt possible par rapport à la date de sortie, cela laisse le temps pour travailler sans précipitation. C'est aussi l'avantage d’avancer en duo, une gestion plus simple.

     
    7-
    Quels retours avez-vous eu sur votre second album ? Pourquoi ce nom The Rebirth of I ? 


    I.L : Les retours ont été surprenants et en quantité, nous avons pu jouer live à de nombreuses reprises et étendre notre travail.

    Pourquoi ce nom ? La fin annonce toujours une renaissance, dans le cas présent c’est la concrétisation de ENDE et de son avenir. C’est aussi la nôtre en tant qu’artiste avec la musique et les images qu’elle véhicule, recommencer un cycle à chaque release et donner naissance à un univers particulier d’une façon honnête et réfléchi.

    8- Que pouvez-vous me dire sur ce troisième album à paraitre ? Une idée de la date de parution de celui-ci ?

     

    I.L : Nous sommes restés sur une démarche sombre et brute avec une évolution plus mélodique et rapide. Quelques nouveaux éléments ont étés incorporés ou travaillés différemment que dans le passé.

    Il devrait sortir pour le printemps 2017. Nous voulions le voir sortir avant mais entre-temps le split avec Sorcier des glaces c’est concrétisé plus rapidement que prévu, nous avons alors préféré reculer sa sortie.

    9- La démo The God's Rejects est sortie tardivement puisque bien qu'ayant été enregistrée en 2008 elle n'est parue qu'en 2015. Pourquoi une parution aussi tardive ?

    I.L : Pour les mêmes raisons que pour « Whispers… ». Ces titres n’ont jamais été destinés à sortir mais ils ont participé à la naissance de ENDE et appartiennent à son histoire, il était logique de les voir paraître à un moment ou à un autre

    T.Njodr : The God's Rejects est sortie en format Tape. Nous accordons beaucoup d'importance au fait d'avoir plusieurs formats d'écoute. Nous aimons la symbolique des différents objets, chose particulièrement attachée et forte dans la scène Black Metal également.

    10- Cette démo est d'ailleurs parue uniquement en cassette limitée à 66 exemplaires chez Cold Dark Matter Records, pourquoi un tirage aussi limité et comment s'est fait le partenariat avec ce label ?

    I.L : Ils ne sont pas les plus représentatifs de ENDE mais ont contribués à son évolution et à ce que le groupe est aujourd’hui, nous avons donc décidé en collaboration avec Cold Dark Matter Records de les rendre disponibles avec une démarche intimiste, d’où le faible tirage et le format.

    CDMR est un jeune label tenu par Damien d’Immemorial, nous nous connaissons depuis longtemps. Un jour dans la conversation, nous sommes venus à parler de ces titres et après écoute il a dit être intéressé à les sortir. Il apprécie énormément ENDE, les choses se sont faites naturellement et nous sommes rapidement tombés d’accord sur la façon de voir sortir cet enregistrement.

    11- De quoi parlent vos textes en général ? Des messages à faire passer ?


    I.L : La sorcellerie ancienne est au cœur des textes. Le personnage de la sorcière, son individualisme, ses persécutions, la pression religieuse et sociale de l’époque.

    Tout était prétexte à la dénonciation, la plupart du temps pour des biens convoités, par crainte des comportements marginaux, à cause de querelles, de maladies et bien évidemment, pour la pratique et la reconnaissance de cultes autre que la chrétienté dominante.

    La sorcellerie a été un « fourre-tout » bien pratique à une époque où l’oppression, l’inculture et la pauvreté battait son plein. D’une certaine façon nous vivons aujourd’hui des schémas similaires, si la forme et le contexte a changé, le fond est toujours figé.

    12- La musique d'Ende est terriblement glauque et sombre, quelles émotions cherchez-vous à transmettre à l'auditeur lors de l'écoute ?


    I.L : Nous proposons une musique et un univers qui nous tiennent à cœur, libre à chacun de l’interpréter à sa façon.

    T.Njodr : Nous voulons garder une musique brute, cru, faire quelque chose qui nous ressemble.

    13- Un split avec le remarquable groupe Canadien Sorcier des Glaces intitulé "Le Puits des morts" va sortir en Septembre 2016. Pourquoi sortir un split avec ce groupe ? Comment s'est fait la collaboration avec Sorcier des Glaces et quelles sont vos relations avec ce groupe ? 


    I.L : Nous avions depuis longtemps en tête de sortir un split, nous avons donc enregistré 4 titres en plus lors des sessions d’enregistrement de « The rebirth of I ». SDG est un groupe avec lequel nous sommes en bonne relation et dont la musique nous parle, la collaboration s’est donc faite rapidement.
    « Le puits des morts » sortira simultanément sur Obscure Abhorrence en Digipack et en cassette via le label américain Dread Records le 20 septembre prochain.

    14- Ende a donné quelques concerts comme par exemple le Dimanche 22 Mai 2016 avec Malcuidant et Devilspit ou encore le 9 juillet 2016 au Radiant Art Festival avec notamment Urfaust et Countess. Comment se sont passées ces prestations ? Que retirez-vous des lives d'Ende ?


    I.L : C’était de très bonnes dates. C’est toujours une bonne chose de jouer dans ces conditions, où les orgas, les groupes et le public restent accessibles. J’ai pourtant le sentiment que les petites dates se raréfient lentement, notamment de Black Metal mais peut-être que je me trompe.

    La musique d’ENDE s’adapte bien en live et nous prenons sérieusement le fait de donner de bons sets, c’est bien l’un des meilleurs moyens pour communiquer l’énergie d’un groupe.

    T.Njodr : Je pense que les personnes ayant écouté l'album avant de nous voir sur scène retrouvent les sensations qu'ils ont ressenties lors de l'écoute sur CD. Par l’aspect de jouer sur scène, il y a une dynamique plus importante en live que sur album, mettant d’une certaine façon un aspect plus brutal en valeur. 


    15- Je n'ai malheureusement pour le moment jamais pu voir Ende sur scène, comment vous produisez vous en concert alors qu'Ende est un duo ? Quels sont les concerts à venir pour Ende ? 


    I.L : Nous nous entourons de trois proches comme musiciens de session pour nous accompagner sur les dates, ça me permet aussi de ne me concentrer uniquement sur le chant, ce que je voulais faire depuis longtemps.

    Notre prochaine date est le 29 octobre au Samaïn Fest.

    T.Njodr : S’il s'agit de musiciens sessions, nous essayons malgré tout de garder une formation live stable. Retravailler avec des nouvelles personnes demande toujours un temps d'adaptation. Avoir des musiciens de sessions qui sont également des proches nous facilite la tâche.

    16- Les versions tape des sorties de Ende (hormis pour la démo The God's Rejects) se font chez Dread Records, comment s'est fait ce partenariat et pourquoi cette volonté de sortir aussi sous ce format ? Un attachement particulier à la cassette audio (un peu symbole de l'underground d'ailleurs, format qui touche un public fort restreint) ?


    I.L : DR nous a contactés à l’origine pour sortir la version tape de « The rebirth of I ». Ce partenariat c’est très bien passé, il a alors souhaité renouveler notre coopération et faire la tape de notre premier album « Whispers… ». Pour les mêmes raisons c’est également DR qui va sortir la version tape du split avec SDG.

    La tape et le vinyle restent deux des principaux supports pour la diffusion de la musique UG grâce au grain qu’ils apportent, ils portent aussi en eux un lien très fort avec le Black Metal.

    17- De quelle production de Ende êtes-vous le plus satisfaits ? Globalement quelle sortie le public d'Ende a préférée ?


    I.L : Jusqu’à aujourd’hui nos releases ont été accueillis d’une façon positive et constante. Nous sommes satisfaits de chacune d’entre elles, elles représentent une pierre supplémentaire à l’édifice que nous construisons.

    T.Njodr : Le prochain album ! Que ce soit en terme de composition ou bien de son, je pense que nous avons vraiment passé un cap.

    18- Quels sont les projets de Ende pour le futur ? Vous avez déjà prévus d'autres sorties après le split avec Sorcier des Glaces et votre troisième album (ou tout simplement d'autres choses dont vous aimeriez parler) ?


    I.L : Faire un maximum de dates et enregistrer l’album qui suivra. Nous avons plusieurs idées et projets, nous verrons au fur et à mesure.

    19- Qui conçoit les covers d'Ende ? Quelle est leur signification et l'impression qu’elles cherchent à donner de votre musique ?


    I.L : Je créé tous les visuels. Ils sont l’extension en image de la musique que nous proposons et forment un tout, il faut les prendre comme tel, simplement.

    20- Quelles sont vos influences musicales (et extra musicales) ? Globalement qu'aimez-vous écouter ? Comment définiriez-vous vous même la musique que vous pratiquez avec Ende ?


    I.L : ENDE est un groupe de Black Metal au sens propre. Ensuite nos écoutes vont du rock au Metal extrême en passant par le classique, ambiante, etc. Pour faire court, toutes musiques qui dégagent une Aura et qui nous convient.

    T.Njodr : Pour ce qui est de la technique de mon instrument j'écoute beaucoup de Death Metal, en revanche pour ce qui est de l'intention et de l'émotion je suis plutôt orienté Black Metal et musique non extrême.

    21-  Que pensez-vous de l'état de la scène Black Metal actuellement ? 


    I.L : Internet a métamorphosé la musique underground, j’ai du mal à réaliser si c’est positif ou pas, l’accès facile a permis de découvrir beaucoup plus de choses, de communiquer plus rapidement, d’un autre côté, ce mode de fonctionnement a abaissé un style intimiste au rang de consommable. Le style a subit une démystification brutale et a été posé au même niveau que les autres styles Metal plus généralistes alors qu’il reste le plus spirituel, c’est un peu du gâchis.

    Le public est aussi plus jeune et s’est développé de nouveaux codes et de nouvelles icônes, il fait l’impasse sur certaines choses ou ne les reconnait pas, à voir comment ça évoluera dans le temps.

    22- Un avis à partager sur les évènements se déroulant en France depuis maintenant pas mal de temps (attentats réguliers) ?


    I.L : Nous assistons au retour d’un monothéisme primitif au beau milieu de sociétés modernes puissantes matériellement et riches mais d’une pauvreté spirituelle dingue, où le confort est un trésor, où la vision simpliste est un mode de vie privilégié et la stupidité un autoportrait divertissant. Je ne vois pas comment le clash pourrait être évité entre une vision archaïque poussée à son paroxysme et un mode de vie où les gens ne vivent que pour et à travers leur image. A défaut d’avoir une réelle profondeur intérieure ils mettent en avant l’extérieur, je doute pourtant que ce soit la meilleure façon de se préserver, c’est juste un exemple parmi bien d’autres.

    Dans le passé, des gens se battaient pour être libre, pour vivre leurs idéaux, aujourd’hui ils s’entretuent pour un IPhone ou une clope… On ne peut pas faire grand-chose face à des gens qui vont à la mort d’eux-mêmes, espérant les faveurs d’un Dieu, on ne peut rien faire non plus avec des personnes qui vivent dans un concept d’égo-trip comme aujourd’hui en Europe, espérant et vivant dans regard des autres, dans du faire-valoir, du vide.

    Nous sommes au bout d’un système et voyons tout simplement sa fin arriver. Nous verrons ce qu’il en renaîtra, l’Europe repartira sûrement sur un concept plus primitif, c’est un cycle naturel, la question est de savoir lequel.

    T.Njodr : Nous vivons loin de la ville, au plus loin de tout tumulte. Ce système est un véritable poison pour le bien-être. Sans parler de misanthropie, nous évitons au maximum d'être confronté à « l'autre » du quotidien.

    Quant à la politique d'aujourd'hui, il suffit de regarder autour de soi. Plus rien n'est respecté, il n'y a de la place que pour le profit. Nous préférons rester intègre dans notre faisons d'être, de faire, de paraître.

    23- Merci beaucoup à vous d'avoir accepté de répondre à mes questions et j'espère le meilleur à Ende dans le futur ! Si vous avez quelque chose à rajouter, les derniers mots sont pour Ende !

    I.L & T.Njodr : Merci à toi pour cette entrevue et ton soutien à ENDE, bonne continuation.
    Pour ceux qui souhaitent nous contacter : ende-official@outlook.fr
    Interview de Ende

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  • Première interview d'un groupe ici sur Horror Vision, et pour ce coup d'envoi je vous propose une interview du groupe de Black Metal français Loth, dont le premier et fort réussi album est sorti en 2016. Je tiens à préciser que l'interview a été réalisée en juin/juillet 2016 dans le but d'un fanzine papier qui n'a malheureusement pas pu être réalisé. Sur ce bonne lecture !

    Interview de Loth

    1- Hails ! Tout d'abord je te remercie beaucoup d'avoir accepté cette interview ainsi que pour ta disponibilité et sympathie ! Loth est un tout jeune groupe et reste donc encore fort méconnu, peux-tu commencer par présenter le aux lecteurs ?

    Loth : Bonjour à toi et merci. Je m'occupe de la partie musique dans LOTH. Composition et enregistrement.

    F.S. : Hey, merci pour l'opportunité ! Je m'occupe du chant et des textes.

    2- Loth est un duo, quel est le rôle de chacun des membres dans la composition ? Combien de temps la composition de ce premier album a-t'elle prise ?

    Loth : Tu as déjà une partie de la réponse juste au-dessus. Concernant le temps qu'a pris la composition, je ne saurais dire exactement. Je composais quand j'en avais envie. Néanmoins, je dirais 8 mois, même si j'avais déjà quelques bribes de riffs qui trainaient depuis deux ans.

    3- On ressens vraiment du travail et de la maîtrise dans la musique de Loth. Compositions longues, vocaux convaincants, Black Metal cru tout en gardant une nette propension à la mélodie et des pointes atmosphériques distillées avec une étonnante justesse. On pourrait presque penser écouter des vétérans du Black Metal ! Il s'agit vraiment de ta première expérience avec l'art noir ?

    Loth : Merci beaucoup pour ces compliments sur notre travail. Oui, ce sont mes premières compositions et notre premier essai. Cependant, depuis 2008, il m'arrivait de composer quelques bribes de morceaux black métal seul chez moi, mais franchement c'était mauvais. Ce n'est qu'en 2014 que j'ai décidé d'aller au bout de la chose et de faire un disque cohérent.

    F.S. : C'est ma première expérience dans le black, même si j'en écoute depuis que je suis ado. J'ai hurlé dans d'autres groupes avant, ceci dit. Mais les styles étaient différents (hardcore violent, screamo, emo hurlé).

    4- Cover représentant une forêt enneigée, titres des morceaux et certains instrumentaux laissent entrevoir un concept guerrier si cher à une partie du Black Metal. Pourrais-tu néanmoins expliciter le concept de ce premier album éponyme ? Morceaux par morceaux, de quoi traitent les textes ? Des messages à faire passer ?

    Loth : J'adore profondément la forêt. J'y ai passé pas mal de temps, moins maintenant depuis que j'habite en ville, malheureusement. La forêt est fascinante de beauté et je m'y sens totalement apaisé. C'est une photo de forêt vosgienne, département montagneux voisin du nôtre. C'est un cliché de vacance de Sébastien Grisey, très bon photographe messin. Puis la photo est passée entre les mains de Jennie Zakrzewski qui a finalisé le travail à merveille. Pour les textes, je laisse la parole à F.S.
     

    F.S. : Il n'y a pas de concept particulier. Je pense que le disque fonctionne néanmoins pour nous deux comme une catharsis, et c'est peut-être cela le plus important. En ce qui me concerne, le cri est au cœur de mon art. C'est ainsi que j'exprime le mieux ce que je ressens. Les textes sont donc là pour le soutenir et apporter du sens aux sentiments conviés. Ils abordent des sujets plutôt personnels, souvent liés aux tourments causés par des questionnements qui m'assaillent (le rejet, mon rapport aux autres, mon corps). J'aime aussi écrire sur l'aveuglement de la croyance et de la foi, et sur ce que cela signifie d'être à sa place dans un monde de plus en plus aliénant et vide de sens. Voilà, en gros, les thématiques abordées sur ce premier album.

    5- A propos de la cover, d'où viens cette photographie ? Visuellement cela s'ancre bien dans la lignée du Black Metal scandinave, c'est un hommage ?

    Loth : Pas forcément un hommage. Cela suit une certaine tradition et c'était une volonté propre, personnelle.

    6- L'album est sorti en format vinyle limité à 500 exemplaires chez Specific Recordings. Ce n'est pas vraiment le format le plus abordable pour une première sortie, pourquoi ce choix de format ? Que signifie le vinyle pour toi ?

    F.S. : C'est vrai qu'on aurait pu commencer par sortir une tape ou un CD-R, et ensuite passer au vinyle. Mais je sais pas, c'est venu totalement naturellement. On aime ce format profondément et viscéralement. On ne fait pas partie des gens qui ont redécouvert le vinyle avec son retour à la mode il y a quelques années. On a toujours apprécié la musique dans ce format, on en est de gros consommateurs (distros) et collectionneurs, ça nous paraissait donc quelque part logique de graver notre musique ainsi. 

    7- Specific Recordings est loin d'être un label spécialisé dans le style musical que pratique Loth, je pense même qu'il doit s'agir de la première sortie Black Metal chez ce label (dont tu t'occupes toi-même si je ne me trompe pas) Pourquoi ce choix ? Tu n'as pas essayé de rentrer en contact avec des labels plus spécialisés pour produire le vinyle ?

    Loth : On a tenté d'envoyer l'album pour avoir une prise en charge ou une coproduction, mais personne ne voulait du disque.

    F.S. : Specific est un label que mon épouse et moi avons fondé en 2011. Il reflète nos goûts musicaux plutôt schizophrènes et très éclectiques. J'imagine un peu l'étonnement et l'incompréhension de certaines personnes découvrant le label par le biais du disque de Loth (tout comme celles qui le découvriront par le biais de nos sorties japonaises et qui tomberont, horrifiées, sur le disque du groupe), c'est quelque chose que je trouve assez intéressant. Bon, je digresse. Le but n'était pas de provoquer quelque réaction qu'elle soit, juste de rester indépendant, autoproduit et maître de la circulation de l'album. C'est quelque chose d'important, je trouve. Néanmoins, comme le disait Loth plus haut, nous avions fait circuler le disque à quelques labels que nous apprécions afin de savoir si ça pouvait les intéresser de collaborer avec le groupe. Nous n'avons essuyé que des refus, plutôt bien argumentés, et ces retours, bien que largement négatifs, ont été plus qu'appréciables et formateurs pour nous. Ça nous a permis de prendre du recul par rapport au disque et surtout cela m'a conforté dans mon idée première de sortir le disque sans l'aide de personne. 

    8- Comment se passe la distribution du vinyle de ce premier album ? J'ai notamment vu celui-ci disponible via le site de Shaxul Legion of Death/Armée de la mort Records, comment se fait le contact avec les distros spécialisées ?

    F.S. : La distribution se passe plutôt bien pour le moment. On a un bon retour de la part des labels et distros contactés. Étant disquaire, j'ai l'habitude de passer mes journées à mailer des gens pour leur proposer mes sorties. Bon, je vais pas te mentir, sur cent distros contactées, j'ai peut-être reçu dix réponses, mais c'est cool d'avoir dix retours positifs. Et puis surtout, je crois au pouvoir de l'échange. J'aime l'idée de faire passer le rapport à l'argent (intrinsèquement lié à la production d'un disque) au second plan afin de favoriser ce principe de partage et d'entraide. C'est quelque chose qui était vachement présent dans la scène hardcore/punk (dont je suis plus ou moins issu) et que je retrouve aujourd'hui dans la communauté black. C'est cool. Et puis je peux diffuser les disques des labels avec qui je trade l'album de Loth dans mon magasin. 

    9- Comment l'album a-t-il été enregistré ? Il n'a pas été trop dur de le financer ?

    Loth : J'ai enregistré et mixé ce disque dans son intégralité depuis mon appartement, ça n'a pas couté d'argent, juste du temps. Pour le mastering, j'ai fait appel à Julien Louvet qui a fait un taf génial.

    10- Sûrement la chose la plus importante pour un bon groupe venant de sortir son premier album je pense : es-tu satisfait du résultat ? Quelles émotions essayes-tu de faire passer et dans quel esprit es-tu quand tu composes et quand tu joues ?

    Loth : Dire que je suis déçu serait un mensonge, tout comme je pense sincèrement que j'aurais pu faire plein de choses mieux, mais j'ai quelques regrets, oui. Au niveau des émotions, je pense que chacun ressent les choses différemment, mais de mon coté j'ai mis une grosse part de mélancolie, un peu de colère et ce que l'on ressent quand on se sent un peu paumé.

    11- Le vinyle a beau être tout juste sorti (il sort le jour même ou j'écris ces lignes) l'album était déjà disponible à l'écoute sur le net auparavant, pourquoi laisser celui-ci libre à l'écoute ? Tu as déjà pu avoir des retours du coup ? Si oui comment étaient-ils ?

    Loth : Nous avons eu d'excellents retours, vraiment. Je ne m'attendais pas ça. Nous avons été repris par beaucoup de webzines et le disque a vraiment pas mal tourné en une semaine. Je tiens particulièrement à remercier Morgan de Scholomance qui a beaucoup contribué à cette diffusion.

    F.S. : L'écoute libre est quelque chose d'important. Même si on fait spécifiquement de la musique pour soi, les retours sont toujours instructifs, qu'ils soient positifs ou négatifs. Là, en l'occurrence, j'ai été super surpris du nombre de bons retours et du soutien qu'on a reçu en quelques jours. Des mecs et des filles nous ont écrit du monde entier pour nous dire qu'ils avaient aimé le disque. Celui-ci a été beaucoup partagé, mis en téléchargement sur des sites, posté sur Youtube... Ayant joué ces dix dernières années dans des groupes dont les gens n'avaient strictement rien à carrer, je peux te dire que ça fait tout bizarre...

    12- L'album sortira en version CD chez Northern Silence Productions le 9 septembre 2016. Il s'agit d'un excellent label spécialisé dans le Black Metal, et qui a sorti (et distribue) de nombreux groupes à la musique d'excellente facture (comme le dernier album de Belenos pour citer une release annoncée en même temps que celle de Loth). Comment s'est fait le contact avec Northern Silence Productions ? C'est toi qui a contacté ce label ?

    F.S. : Je l'ai simplement contacté pour faire un échange et il m'a répondu qu'il voulait sortir notre album en CD. Ça s'est fait très rapidement, et je dois t'avouer qu'on a carrément halluciné qu'il soit intéressé par notre musique.

    13- Il y a déjà pas mal de groupes sympathiques à Metz (dont beaucoup sont malheureusement splittés) : Azerlath, Morbid Cult, Ravensblood, Déluge, The Austrasian Goat ... Que penses-tu de ces groupes ?

    Loth : J'aime beaucoup Azerlath et The Austrasian Goat. Ravensblood c'est moins le style de black que j'écoute mais ça reste de très bonne facture . Déluge sont nancéiens, ville voisine. Ce sont, pour ceux que j'ai rencontré (F.T. et Watcha), des personnes très sympathiques et bourrées de talent.

    F.S. : J'aime beaucoup The Austrasian Goat, forcément c'est un vieux copain, on travaille ensemble à la Face Cachée et il a masterisé notre disque. C'est un mec dont j'admire la musique et la démarche, son intégrité ainsi que sa créativité. J'espère pouvoir lui sortir un disque, un de ces jours. Sinon, y'a des morceaux que j'aime bien chez Night, jeune groupe messin qui se cherche encore une identité mais qui a de chouettes choses à dire.

    14- Loth sonne très old school et l'on devine un amour pour le Black Metal des années 90 et globalement pour la première et seconde vague de Black Metal, quelles sont tes principales influences ? Les groupes qui t'ont le plus marqués ?

    Loth : Mes influences sont clairement Häive, Wyrd, Drudkh, Burzum et Krohm. Sinon, je suis un grand fan d'Enslaved, de Darkthrone et de tout un tas de groupes, mais ça ne se ressent pas forcément dans mes compositions.

    15- Comment en es-tu venu au Black Metal ? Qu'est-ce que signifie cette musique pour toi ? Hormis ça qu'aimes-tu écouter ? J'ai cru comprendre que tu jouais dans d'autres groupes au style totalement différent, tu peux nous en parler ?

    Loth : Je suis venu au black métal au collège, j'écoutais à l'époque des groupes comme Pantera, Metallica, Iron Maiden et Slayer. Je me suis rapidement mis au death et au black, je crois que le premier disque de black métal que j'ai eu entre les mains a du être le Dusk And Her Embrace de Cradle à sa sortie en 1996. J'allais avoir 12 ans. J'ai ensuite enchaîné avec de vrais groupes de black grâce à des amis plus expérimentés en la matière, et ma première grosse baffe a été le Anthem d'Emperor. J'ai littéralement pété un plomb avec ce groupe à l'époque. Vers 18 ans, j'ai commencé à sortir les vinyles de la cave du patriarche. Je me suis donc mis à écouter King Crimson, Pink Floyd, The Doors... A partir de là, j'ai eu presque le même amour pour la musique psychédélique que pour le black. C'étaient des sensations différentes mais toujours une musique d'introspection. Je suis boulimique de musique, vraiment. J'écoute énormément de choses. Et donc oui, je suis guitariste dans différentes formations hors black métal, notamment de shoegaze/psych rock, style que j'affectionne tout particulièrement.

    F.S. : Un peu la même chose que Loth, je suis venu au black au collège, j'écoutais principalement du heavy et du death, puis un mec plus vieux m'a passé une mixtape avec du Burzum, du Mayhem, du Immortal et m'a clairement sensibilisé au truc. Sans en tomber totalement amoureux, ce n'est que plus tard que j'y suis revenu via la scène hardcore métal belge et américaine, vers le milieu/fin des années 90, quand les types se sont mis à employer des riffs de black dans leur musique. J'aime beaucoup le côté très mélancolique et bordélique du black, son aspect primitif ainsi que sa subtilité. J'aime l'aspect schizophrénique du genre, son esthétique torturée. C'est quelque chose qui me parle vraiment. Hormis ça, j'écoute beaucoup de musiques très différentes les unes des autres. Du hip-hop US, de la j-pop, du drone, beaucoup d'emo hurlé des années 90, du métal forcément... Du fait de mon métier, je suis amené à écouter beaucoup de choses. La musique est un truc aussi vital que respirer pour moi, et je ne veux surtout pas me priver de pas écouter tel genre ou tel genre parce que c'est pas conforme à ce que les gens pensent de moi. Sinon, j'ai joué dans des groupes assez différents les uns des autres jusqu'à présent (hardcore très chaotique, stoner, indie rock, screamo, pop, punk, fastcore, powerviolence, post-rock, folk) et je prête ma voix de temps à autre à des projets plus électro quand les copains/copines ont besoin de mes services. Actuellement, Loth est le seul groupe dans lequel je joue.

    16- Que penses-tu de l'état global de la scène Black Metal actuellement et surtout du public de plus en plus immature dans son approche du Metal Noir ? Des disques Black Metal qui t'ont particulièrement marqués récemment ?

    Loth: En ce qui concerne la scène musicale, je trouve qu'il y a plus de choses intéressantes qu'il y a quelques années. Concernant le public, je ne peux pas te répondre, je ne vais pas voir les concerts de black métal en général. J'ai pas le sentiment d'avoir besoin de forcément partager ça avec des gens, mais je pense que ça doit être comme partout : des gens cools, intéressants et passionnés par la musique, avec toujours son lot de gros cons. Alors je vais prendre large, mais dans les derniers trucs qui m'ont vraiment fait halluciner, y'a le dernier Drudkh. Encore une fois, ils ont réussi à faire un disque génialissime. Paracletus de Deathspell Omega n'est pas sorti de ma platine pendant plusieurs semaines également et très très récemment, un groupe hollandais nommé Iskandr a sorti un disque, Heilig Land. Excellente découverte, j'ai trouvé ça parfait. En France, j'attends avec impatience la sortie de l'album de Pénitence Onirique dont les extraits sont clairement supers.

    F.S. : Je suis un peu du moment avis que Loth, même si j'ai tendance à avoir un peu plus envie de voir des groupes, de préférence en salle/club qu'en festival (pitié). Concernant le public, j'ai pas d'avis. J'aime bien qu'on me foute la paix quand je vais à un concert, forcément je fais attention aux comportements des gens mais je préfère relativiser. J'étais probablement aussi con et immature à 18/20 ans. Sinon, pas trop d'avis sur la scène black en général. Je dois avouer être un gros fan de Teitanblood, de Xasthur, d'Hypothermia, de Nortt et de Bethlehem. Je suis pas trop l'actualité, je chope des disques au feeling, suivant ce que me disent les copains/copines. J'ai aussi une confiance aveugle en le bon goût absolu de Loth pour me faire découvrir de bons groupes.

    17- Globalement, quelles sont tes scènes préférées en matière d'Art Noir? Tes sous-genres favoris ? Au contraire ceux que tu aimes le moins voir pas du tout ?

    Loth : J'adore le black atmo quand il n'y a pas que des claviers, le DSBM, le true, le black death, en fait j'aime bien un peu tout, cela dépend comment c'est fait. Par contre, j'ai vraiment du mal avec le brutal black, ça me fatigue profondément et surtout, si je veux écouter quelques chose de binaire et bourrin, le Death le fait bien mieux depuis 25 ans.

    F.S. : Rien à ajouter, entièrement d'accord.

    18- Il est assez difficile d'imaginer des concerts avec seulement deux membres (bien qu'un groupe comme Inquisition ait réussit, et avec brio, à le faire) néanmoins comptes-tu faire des concerts ? Envisages-tu de recruter d'autres membres ?

    Loth : Si je devais faire un concert, je sais déjà qui appeler, je leur en ai déjà touché un mot d'ailleurs. Ce n'est cependant pas prévu pour le moment, je ne ressens pas le besoin de monter sur scène avec Loth. Mais qui sait...

    19- Vu la qualité du premier opus j'ai hâte de voir la suite. Tu as déjà commencé à composer pour un second album ? Si oui, peux-tu nous en dire plus ?

    Loth : Oui, la suite est en route. Je peux pas te dire grand chose pour le moment, juste que ce sera du Loth. Le seul petit changement, c'est qu'il risque d'y avoir un poil plus de haine que sur le premier...

    20- Eh bien merci beaucoup encore une fois d'avoir accepté cette interview. Tu as tout mon soutiens ! Si tu veux ajouter quelque chose, libre à toi, les derniers mots sont pour Loth !

    Loth : Merci à toi de nous donner la parole et de porter un intérêt à notre travail.

    F.S. : Merci beaucoup pour nous avoir filé un peu de place dans ton zine. Ça me donne d'ailleurs envie de m'y remettre.

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    Page Facebook du groupe : https://www.facebook.com/Loth.BM/

    Pour se procurer l'album : https://specific.bandcamp.com/album/loth ; http://shop.northern-silence.de/index.php?lang=en


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  • Aujourd'hui sur Horror Vision , voici une seconde interview en lien direct avec la première , puisqu'il s'agit d'un entretien avec Olivier Bureau , acteur principal et producteur de Making oFF (réalisé par Cédric Dupuis , interviewé ici il y a moins de deux semaines , pour ceux qui ne suivent pas) !

    Interview de Olivier Bureau   

    (Image d'Olivier Bureau tirée de Making oFF)

    Je vous laisse donc lire l'interview d'Olivier Bureau : 

    - Bonjour Olivier , afin de commencer , pouvez-vous commencer par vous présenter pour les lecteurs ne sachant pas qui vous êtes ?

     Bonjour Je suis Olivier Bureau, je suis acteur, producteur et vendeur international. J'ai interprété le personnage de Cédric Dupuis dans MAKING OFF en 2012 et j'ai aussi produit et vendu ce film.

    - Pouvez-vous expliquer ce que vous faites avec BURDIGALA PRODUCTIONS et quel est votre rôle dans cette boite ?

    Je suis le gérant de Burdigala Production, il s'agit de ma société de production et de ventes internationales. En production, nous avons produit avec mon associé MAKING OFF, un long métrage d'horreur, et POLLEN, un court métrage musicale en 2014. Nous développons deux nouveaux projets un film de genre, un survival en huis clos CONDAMNES et une comédie familiale MES POTES A MOI. En tant que vendeur, nous avons vendu le film d'animation LE GARCON ET LE MONDE, sorti en salle en Octobre 2014, un film d'animation primé à Annecy, ainsi que d'autres films d'animations comme WORMS, qui est sorti en Octobre 2015 et qui est peut-être encore dans quelques salles. Nous vendons aussi des films d'auteurs du monde entier comme BORDERLESS, film iranien inédit en France, de la SF comme PROJET-M, film canadien inédit en France et une dizaine d'autres films. Nous vendons aussi le documentaire DIS-MAITRESSE actuellement en salle en France.

    - Vous êtes l'acteur principal dans Making oFF de Cédric Dupuis (superbe prestation au passage) , comment vous êtes vous rencontrés avec Cédric Dupuis ?

    Merci, ça me touche. J'ai rencontré Cédric en passant le casting de son film MAKING OFF, en réalité il n'était même pas au casting. C'est son directeur photo qui m'a auditionné. J'ai rencontré Cédric qu'une fois avoir été sélectionné et avoir lu le scénario. J'ai dû me rendre chez lui à Mantes La Jolie pour le rencontrer. Et maintenant nous sommes amis.

    - Le rôle n'as pas été trop difficile à jouer ? Quels souvenirs gardez-vous du tournage ?

    Très franchement, c'est le premier rôle et pour le moment dernier que j'ai interprété au cinéma. Je n'ai donc pas de point de comparaison, mais non je ne dirai pas que ce fut difficile. Cela m'a beaucoup amusé. Le plus difficile est d'assumer le regard du public ensuite, et de sa famille. D'ailleurs j'ai interdit à mes parents de le voir. J'ai un excellent souvenir du tournage, on s'est bien fendu la poire. Une super aventure.  

    - Que pensez vous du rendu final du film ?

    J'aime beaucoup le film, je trouve qu'on a fait un film original et différent de ce qui existait. Je le trouve très drôle, très innovant notamment le beat box qui est le coup de génie du réalisateur. Je suis fier de ce premier film comme acteur et comme producteur. Le film a beaucoup divisé mais n'a laissé personne indifférent et c'est bien le principal. Un fan, il y en a un ou deux, m'a dit qu'il l'avait vu 14 fois de suite. J'avoue le mec m'a fait peur et j'ai vite écourté la conversation, il avait vu Massacre à la Tronçonneuse 150 fois... Du coup, le mot fan est peut-être fort, il aimait peut-être même pas le film... A y réfléchir.

    - C'est BURDIGALA qui a produit Making oFF , comment cela s'est passé exactement ?

    Quand j'ai été pris sur le film, après les premiers essais de répétition et après avoir compris que Cédric produisait lui-même ce film sans savoir ce qu'il en ferait ensuite. Je décidais de prendre en charge le projet, car je croyais sincèrement en ce film. Je trouvais qu'il méritait d'être bien produit, en tout cas du mieux que je le pouvais et surtout qu'il devait être vu. Nous avons financé le film sur nos fonds propres et n'avons malheureusement pas récupéré notre mise, car le film est sorti en DVD directement. Et donc le jour de sa sortie, il était disponible partout en téléchargement pirate...

    - Quels sont vos futurs projets ? (que ce soit avec BURDIGALA ou en tant qu'acteur .... ou autre qui sait ?)

    Les projets je les ai énoncé, un survival en huis clos intitulé CONDAMNES, et une comédie MES POTES A MOI. Mais trouver les financements c'est pas gagné. Du coup, nous allons auto-produire une série web prochainement. En tant qu'acteur j'ai pas grand chose, j'aimerai qu'on me propose des choses, si vous êtes réalisateur et que vous avez aimé mon interprétation de MAKING OFF, n'hésitez pas à me contacter, je suis disponible.

    -Que pensez vous du cinéma horrifique à l'heure actuelle ? Et du cinéma tout genres confondus ?

    Je ne suis pas trop le cinéma d'horreur, j'ai fait mon film mais j'ai jamais particulièrement suivi ce cinéma. C'est Cédric Dupuis qui me l'a fait découvrir au cours de mon travail de recherche pour interpréter le personnage. Le cinéma en général que le grand public consomme s’essouffle totalement. J'en ai marre des remakes, et suites 20 ans après, et reboot, et sequel, prequel etc, ça gâche souvent l’œuvre. J'ai pas encore vu le dernier Star Wars notamment. Mais dans le cinéma indépendant des pays producteurs peu connu, on peut trouver de super choses comme les films de notre catalogue de vente, au Brésil, en Iran, au Canada, en Corée sans être du cinéma d'auteur intello chiant, même un cinéma totalement divertissant. Il faut regarder ailleurs.

    - Quels sont tes films cultes , tes réalisateurs préférés , tes références ?

    Mon film préféré est Les Evadés de Franck Darabont, mon acteur préféré est Tom Hanks, mes réalisateurs préférés Spielberg, Darabont, Zemeckis, Fincher rien de très originals, en France j'aime beaucoup Toledano et Nakache, Rémi Bezançon, je suis très cinéma grand public. Mais je veux du grand public original, et ces derniers noms font ce cinéma là. Mes films cultes sont des films bien commerciaux, Titanic (oui j'adore), Matrix (le premier évidemment), Il faut sauver le Soldat Ryan, Le Roi Lion, je cite ces films car ce sont ceux qui ont marqué mon enfance. Et qui m'ont donné envie de faire du cinéma. Chacun de ces titres représente un moment de mon enfance qui a confirmé mon envie de cinéma. Mais dernièrement le film qui m'a le plus séduit est Vice Versa, je trouve le scénario extrêmement intelligent. Rien d'indépendant dans tout ça, je fais du cinéma indépendant mais j'en consomme très peu.

    - Je vous remercie beaucoup d'avoir accepté cette interview ! Si vous souhaitez rajouter quelque chose , les derniers mots sont à vous !

    Merci beaucoup pour cette interview. Cela fait plaisir que 4 ans après sa sortie, le film fasse encore parler de lui et que de nouvelles personnes le découvrent. Certains films sont rentables sur des décennies, ce sera peut-être notre cas... Sinon, n'hésitez pas à me contacter si vous avez envie de me faire bosser comme comédien. Et surtout Bonne année 2016 !

     


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  • Première interview pour ce blog , et aujourd'hui je vous propose de lire un entretien avec Cédric Dupuis , réalisateur de quelques courts métrages sympathiques (bien que très amateurs et fauchés) et surtout de Making oFF , un film original , déviant et drôle dont la critique est parue tout récemment sur ce blog.

    Interview de Cédric Dupuis

     

    (Cédric Dupuis à droite , accompagné à gauche d'Olivier Bureau , acteur principal dans Making oFF)

    Je vous laisse donc découvrir l'interview du fort sympathique Cédric Dupuis :

    - Bonjour Cédric , pour commencer peux-tu te présenter pour les lecteurs ne te connaissant pas ?

    Bonjour, je me présente, Cédric Dupuis, jeune réalisateur qui espère un jour devenir un grand réalisateur ! En gros, j'ai juste réalisé Making oFF, une petite production française.

    - Même si tu es surtout connu pour ton premier long métrage Making oFF , personnellement j'ai connu ton travail grâce à des courts métrages trouvés sur youtube : Gardfield , The Seed , Comme tous les matins et Peau Pourrie (celui que je préfère au passage) , peux-tu m'en dire plus sur ces courts-métrages ?

    Ha la la ! Les courts métrages … toute une époque. J'étais juste fan de vidéo, j'aimais les FX ect. J'ai donc investis dans du matériel et avec un ami on s'est amusé. On partageait les mêmes délires d'horreur. Ça collait bien. On a juste cherché à s'amuser. Pas à se faire connaître (il n'y a qu'à voir le nombre de vues !) d'ailleurs ces courts sont fait que de bouts de ficelle et de système D...aucune prépa, juste du fun entre nous.

    - Making Off est un film dans le film tout à fait original , comment s'est passé l'écriture du scénario ? Quelles sont tes inspirations ?

    Merci pour le compliment sur l'originalité, ça fait plaisir ! En fait, 10 ans avant le long métrage, nous étions avec une bande d'amis, on passait des vacances ensemble et on savait pas quoi faire. Je commençais à accumuler du matériel et j'ai lancé l'idée: "Dis donc ! Comme on est rarement ensemble, ça vous dit de faire un film ? Ça nous fera un souvenir !“ et on m'a demandé:"tu veux faire un film sur quoi?“ et la, directement j'ai conclus "et bien un film sur un type qui veut faire un film“… c'est comme ça que Making oFF a démarré , un film amateur entre amis de 35 minutes. Pour le reste, le film est assez explicite sur les références que j'ai utilisé ! (rire)

    - Making Off est un film fort gore et déviant , tourner ce genre de métrage en France n'a pas été trop difficile ? Comment as-tu fait pour rassembler un budget suffisant ? Gardes-tu un bon souvenir du tournage ?

    Effectivement, Making oFF est déviant, mais je ne dirais pas gore. Il n'est pas si violent. Il y a un peu de sang, mais cela reste « soft ». C'est d'ailleurs parce que les sujets abordés sont hard que le scénario a été écrit pour être moins violent et sanglant, pour avoir un équilibre. Après, pour le financement, ça a été facile. Olivier Bureau a tourné avec moi quelques scènes test afin de voir si le projet était viable. Ça lui a beaucoup plu. Avec sa boite, BURDIGALA, il a financé les acteurs et l'équipe technique. Le film a pu être donc finalisé intégralement et de façon « carré » (en terme de contrat) avec 40 000€. Je garde un TRÈS bon souvenir du tournage, ça a été fantastiquement jouissif, même avec ce cruel manque de budget qui m'a frustré. Nous aurions réellement voulu offrir quelque chose de plus finit, aller plus loin dans mes idées, mais des fois, faut faire des concessions.

    - Les acteurs de Making oFF sont vraiment bons , surtout Olivier Bureau jouant le réalisateur , comment ceux-ci ont-ils été choisis ?

    Ha oui, ils ont été bon les bougres ! Ils ont été choisis sur casting, tout simplement. Comme pour n'importe quel film en fait. Ils étaient juste les meilleurs de ceux que j'ai pu croiser lors de cette période. On a eu plus d'une cinquantaine de candidats de souvenir. Pour conclure, NON, ils ne sont pas mes amis, et NON ils ne se connaissaient pas avant le film !

    - Making Off est sorti depuis un bon bout de temps maintenant et s'est taillé une bonne réputation parmi les amateurs de films extrêmes , comment ont étés les retours en général ?

    Je suis HEUREUX d'apprendre que Making oFF a une bonne réputation, car moi, je n'ai eu aucun retour la dessus ! (rire) Faut en parler les gars si vous aimez un film ! Faut le faire buzzer quand c'est comme ça ! (rire) Sinon, à l'époque de sa sortie, effectivement, on a eu plein de retours. Il y a eu autant de mauvaises critiques assassines qui se demandaient comment il était possible de faire un film aussi mauvais, que de critiques qui m'élevaient au rang de dieu vivant du cinéma… si j'en fait la moyenne, je me dit que je m'en suis pas trop mal tiré avec un film au budget microscopique filmé dans mon salon… disons que pour un premier essai, ça aurait pu être pire…

    - Quels sont tes futurs projets ? As-tu l'intention de continuer dans le film gore ?

    Le film gore m'attire, et j'ai envie d'en refaire évidement. Pour résumer, oui, j'ai des projets, un film "classique“ en court d'écriture, et j'ai plusieurs films gore sous le coude, légèrement moins déviant que Making oFF mais largement plus violent. Par contre, avec le système de production français et la réputation du genre en France, ça va être très difficile.

    - En mars 2016 tu fera parti du jury à la seconde édition du Sadique Master Festival , comment ça s'est fait ?

    On m'a juste demandé ! (rire) Et j'ai dit oui. Ça flatte mon égaux sur-dimensionné. Après, pourquoi ils ont pensés à moi, je ne saurais pas quoi répondre, mais en tout cas, ils l'ont fait !

    - Que penses-tu des sorties en matière de cinéma horrifique à l'heure actuelle ? Et pour ce qui est du cinéma gore/underground ?

    Ou la la… en ce moment, quand on lit les pitchs de films , on a l'impression de toujours lire la même chose. Que de la rediff. Après ce qui change, c'est le réalisation, la production. En fonction des gens qui sont derrière le résultat est parfois pas mal. Une chose est sûre, on est loin des bons films des 80-90. En ce qui concerne le cinéma underground, j'ai pas réellement d'avis, on y trouve de tout, des pépites comme de l'amateurisme le plus total, quoi qu'il en soit, je n'aime pas critiquer ce cinéma qui vise vraiment autre chose que le business.

    - Quels sont tes films cultes , tes réalisateurs préférés , tes références ?

    Mes films cultes, ça c'est difficile , c'est vraiment par période, en fonction de mon humeur. Pour l'horreur et les plus connus, je dirais Re-animator, Braindead, Evil dead (original, même si le remake est quand même pas mal), La Mouche, Hellraiser (le premier évidement)… ceux la je m'en lasse jamais.

    - Que pense ton entourage de tes réalisations ?

    Mon entourage aime bien en règle générale. Il y a ceux qui sont à la limite de pas pouvoir les regarder, et ceux qui sont déçus car ils s'attendent à quelque chose de plus violent. On ne me juge pas par rapport à ça en tout cas.

    - Merci beaucoup d'avoir accepté cette interview et de m'avoir accordé un peu de ton temps , j'espère que tu arriveras à concrétiser tes futurs projets. Si tu souhaite rajouter quelques chose , les derniers mots sont à toi !

    Merci à toi de me remettre au goût du jour ! Moi qui pensais être déjà dépassé ! Le seul mot pour finir est destiné à tous les fans du genre: si vous ne voulez pas voir le gore finir aux oubliettes en France, il faut faire buzzer les films, en parler, tenter de pas trop les télécharger. Les prods qui produisent ce type de films sont pour la plupart en dehors du système protecteur français, donc ils misent vraiment leur pognon, et s'ils en perdent, ils arrêtent de produire. Ça me crève le cœur d'acheter un DVD pourri à 10 balles, mais je le fait quand même, pour soutenir un minimum le type de films que j'aime ou une prod que j'affectionne. C'est mon geste citoyen à moi pour sauver l'horreur en France. Par exemple, avec Making oFF, ça n'a strictement rien rapporté, que ce soit en argent comme en retombée sur le net. Il nous est donc impossible de continuer sur cette voix. Et malheureusement ce qui nous est arrivé, arrive à beaucoup, voir toute les productions de genre en France. Donc quand vous aimez un film, n'hésitez pas à en parler et à le faire buzzer, le regarder partout ou il est possible de le voir ! Surtout s'il s'agit de Making oFF ! (rire)


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